La thème du mois Janvier
LA DÉLIVRANCE PROMISE
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L'ordre divin de multiplier et de remplir la terre d'une race de justes, avait été transmis au premier couple humain parfait. C'était là une riante perspective. Cette propagation devait s'effectuer dans des conditions qui favoriseraient la descendance humaine, et glorifieraient le Tout-Puissant dont le dessein s'accomplirait. Découvrant les merveilleuses possibilités qui s'offraient à lui, par le moyen de ce couple humain doté du pouvoir de se reproduire, Lucifer entrava l'exécution de l'ordre divin et rêva de faire remplir la terre de religionistes adorant, non pas Jéhovah, mais lui, le chérubin oint. L'exécution du mandat divin ouvrait au couple parfait des horizons séduisants. Ensemble ils devaient former une grande famille d'enfants de Dieu. Ils n'auraient jamais eu à résoudre nul problème économique engendré par la cupidité, ni aucun conflit politique, car la terre eût été gouvernée théocratiquement, c'est-à-dire par l'équitable suzerain invisible de Jéhovah, dont la domination se serait exercée d'un bout du monde à l'autre. Jamais la guerre n'eût été déclarée nécessaire. La population eût été au contraire de plus en plus dense, à mesure que fussent apparues les générations nouvelles, jusqu'à ce que fût atteint le nombre prévu pour que la planète fût rationnellement peuplée. Alors la procréation eût pris fin conformément à la volonté divine. S'étant acquittée de son mandat, l'humanité parfaite, se maîtrisant et obéissant de plein gré au commandement de Dieu, eût cessé de proliférer, et la race entière aurait achevé son développement. Pendant la période de propagation les nouveaux venus auraient assujetti et embelli la planète au fur et à mesure de leur expansion, si bien que les frontières du jardin d'Eden se seraient progressivement élargies jusqu'à ce que le paradis englobât la terre entière devenue une sphère glorieuse roulant gaîment dans l'incommensurable univers de Dieu. La famille humaine parfaite, parvenue à son épanouissement complet, eût habité à perpétuité ce délicieux jardin dans lequel elle aurait célébré, sans se lasser, la grandeur du Tout-Puissant. Mais ce dessein de Dieu n'échouera pas. Il s'est réservé de l'exécuter dans l'avenir, selon la justice, lorsque seront venus le temps et les conditions propices. Aussitôt qu'Adam et sa compagne eurent mangé du fruit défendu, violant ainsi la loi théocratique, ils se rendirent compte de leur indignité et de leur inaptitude à exécuter l'ordre divin, « car les yeux de tous deux furent ouverts, et ils connurent qu'ils étaient nus ; et ils cousirent ensemble des feuilles de figuier et s'en firent des ceintures. Et ils entendirent la voix de l'Eternel Dieu qui se promenait dans le jardin au frais du jour. Et l'homme et la femme se cachèrent de devant l'Eternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. » - Genèse 3 : 7, 8, Darby. Adam et Eve ne moururent pas immédiatement après avoir mangé du fruit interdit. Lucifer, leur seigneur invisible, le « chérubin protecteur » qui les avait poussés à pécher contre Dieu, avait le pouvoir de mettre à mort les coupables, mais il ne le fit pas afin de confirmer son mensonge : « vous ne mourrez nullement ». Il y avait aussi en Eden « l'arbre de vie qui était au milieu du jardin ». Logiquement, le traître Lucifer, qui savait où se trouvait cet arbre, devait y conduire les délinquants aussi vite que possible, et leur faire manger de ses fruits précieux, alors, apparemment, ils eussent été couverts, protégés, assurés de vivre toujours. Si après cela Dieu les tuait, la preuve serait faite que « l'arbre de vie » n'empêche pas de mourir, que son nom est un leurre, et que la parole divine ne peut inspirer confiance. D'autre part, si Jéhovah les laissait vivre après avoir mangé du fruit de vie, afin de justifier le nom de l'arbre qui les produisit, alors· seraient ratifiées les paroles de Satan : « Vous ne mourrez sûrement point. » La loi du Très-Haut serait jugée indigne d'être observée, son Auteur déclaré impuissant à en appliquer les pénalités, et son omnipotence contestée. Le diable rusé se croyait de taille à enfermer Jéhovah dans un dilemme, mais ce dernier, qui ne sommeille pas, eut vite ruiné les projets du chérubin félon. Devant la forfaiture de celui en qui il avait mis sa confiance, Jéhovah entreprit de juger lui-même cette affaire. Par la Parole, le fidèle exécuteur de ses desseins, il révéla sa présence aux transgresseurs. Ils ne virent personne, mais sentirent la présence du Juge venu pour les condamner, car les faits étaient contre eux. Point n'était besoin pour eux de voir le justicier de leurs yeux pour se savoir en jugement. Ceci nous aide à comprendre que, dans le jugement des nations composées des descendants d'Adam, il n'est pas nécessaire pour le Juge de Jéhovah d'apparaître dans un corps visible, ni pour les nations de le voir littéralement. L'exécuteur des sentences du Seigneur étant un Esprit divin, sera invisible à toutes les nations rassemblées devant lui ; cependant, sa présence sera rendue perceptible par des signes tangibles. - Matthieu 24 : 3-14. Le Juge découvrit vite les coupables derrière les arbres. Ils devaient entendre distinctement les questions qui allaient leur être posées. C'est pourquoi « l'Eternel Dieu appela Adam et lui dit : Où es-tu ? Il répondit : J'ai entendu ta voix dans le jardin, et j'ai eu peur, parce que je suis nu et je me suis caché ». Ayant cédé à l'influence de la religion exercée par le diable, l'homme désobéit et perdit de ce fait une très précieuse liberté, en devenant l'esclave de la crainte qu'il avait jusque-là ignorée. Peut-être aussi les transgresseurs eurent-ils l'impression que leur Créateur avait été négligent ou imprévoyant en ne leur donnant pas de vêtements, puisque désormais ils n'osaient plus paraître nus. « Et l'Eternel Dieu dit : Qui t'a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger ? L'homme répondit : La femme que tu as mise auprès de moi, m'a donné de l'arbre, et j'en ai mangé. » (Genèse 3 : 9-12) Cette réponse semblait contenir un reproche à l'adresse de Jéhovah qui avait créé la femme pour Adam, mais à condition qu'elle soit une aide, une compagne et non une tentatrice. Alors : « L'Eternel Dieu dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? La femme répondit : Le serpent m'a séduite, et j'en ai mangé. » (Genèse 3 : 13) Le Juge procédant par ordre, alla sans détours au fond de la question ; afin de découvrir la cause initiale de cette révolte, et savoir si elle venait de l'homme, et était tolérée par Lucifer, son seigneur et protecteur invisible, ou, ce qui serait pire encore, si le chérubin était l'instigateur de cette perfidie, et par conséquent rebelle lui-même et prévaricateur, donc coupable du crime de haute trahison envers Dieu. L'enquête aboutit à cette conclusion que Lucifer avait commis toutes ces infamies. Le père du mensonge était démasqué. Ce fut contre lui, tout d'abord, que le Juge prononça la sentence suivante : « L'Eternel Dieu dit au serpent : Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. » (Genèse 3 : 14, 15) Ce n'est pas au serpent, simple animal, que Jéhovah adressait ces paroles terribles, mais à l'exécrable créature spirituelle qui avait obsédé le serpent pour l'obliger à prononcer devant Eve, le diabolique et funeste mensonge. Ces malédictions prouvent la suprématie du Très-Haut sur toutes les créatures. Dieu répondit au défi du diable, en condamnant le projet de ce traître à un échec humiliant. Il est écrit pour l'encouragement de la postérité de la femme : « Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. » (Romains 16 : 20) Aucune nourriture ne se trouve dans la poussière sèche et morte. Le diable doit se nourrir de cette poussière, il a perdu pour toujours la bénédiction divine et, par conséquent, tout espoir de vie éternelle. Il a été avili et chassé de la sainte organisation de Dieu. Une telle déchéance de Lucifer aurait dû être un avertissement salutaire pour les anges qui avaient servi sous sa direction. Jéhovah ne s'adressait pas au serpent véritable. De même, dans certains cas, par l'expression femme, il ne parlait pas d'Eve la désobéissante, ni d'aucune de ses descendantes, mais d'une chose plus grande, symbolisée par une femme pure et fidèle, savoir l'organisation universelle des saintes créatures de Dieu. Jéhovah est le Chef de cette organisation qui est unie à lui, sans que le divorce soit possible. Ainsi, dans un langage imagé, sa sainte organisation est appelée la « femme » de Dieu. D'elle, Il fait naître les serviteurs spéciaux qu'Il désire. Lorsqu'il a dit au diable « ta postérité » en opposition à sa postérité à lui, issue de sa sainte organisation divine, Jéhovah annonçait que Satan constituerait une organisation impie, destinée à combattre celle du Très-Haut. Dans les Ecritures, l'organisation édifiée par le serpent ancien, est symbolisée par une femme cruelle et impure appelée « Babylone ». Par cette organisation officielle le diable imiterait celle de Dieu, en suscitant une « postérité » pécheresse qui persécuterait la « postérité » de la « femme », ou organisation consacrée à Dieu. Qui l'emportera dans cette longue lutte ? Jéhovah répondit autrefois à cette question, en donnant au serpent cet avertissement non équivoque : La « postérité » de la « femme » (celle de Dieu) « t'écrasera la tête et tu lui blesseras le talon ». Voir aussi sur ce point, la version catholique de l’Abbé Crampon qui, par sa note-commentaire, justifie ce qui précède. Ces paroles du Père de la postérité de la « femme » nous apprennent qu'il exposerait cette « postérité » (à Lui et à elle) aux coups et machinations du diable et de son organisation qui aura la liberté de la persécuter. Ainsi Satan constaterait s'il pouvait, par ces cruels procédés, compromettre la « postérité » promise, la rendre infidèle à Dieu et, se révélant par une telle victoire supérieure au Très-Haut, l'entraîner loin de l'organisation divine. Cette action satanique ferait subir de grandes souffrances à cette « postérité » et lui occasionnerait certaines plaies et contusions, comme si elle était « blessée au talon » par un serpent caché frappant sournoisement dans le dos. Cependant, une limite est prévue à cette liberté d'agir accordée à Satan et à sa « postérité ». Le terme fixé arrivera lorsque la « postérité », grâce à son intégrité inviolée, remportera la victoire, par la force du Dieu tout-puissant, et anéantira le serpent et sa race de vipères. En parlant du perfide Lucifer comme s'il était le serpent, Jéhovah annonçait implicitement que le premier diable venait de naître en diffamant le Très-Haut, et il donna ce nom ignoble au chérubin déchu, car diable signifie calomniateur. Le comparer à un serpent implique qu'il est trompeur. Par la sédition qu'il provoqua, Lucifer devint Satan, car ce nom veut dire adversaire. Enfin il reçut le nom de dragon parce que, comme cette bête monstrueuse, i-1 chercha à dévorer ou écraser spécialement les créatures justifiées par Dieu, si toutefois cela lui était possible. (Voir Jérémie 51 : 34 ; Apocalypse 12 : 3, 4) Les mérites et la suprématie du Tout-Puissant ont été jadis contestés par le diable. Le grand Juge le condamna à mort, mais il retarda son anéantissement afin de susciter une épreuve non encore parvenue à son terme. |


