La thème du mois Février
L E M A N D A T D I V I N S U S P E N D U
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Jéhovah condamna Satan à la destruction, mais il lui permit de subsister pendant un temps déterminé. De même sa sagesse lui suggéra de surseoir à l'exécution des rebelles Adam et Eve. Il pouvait les frapper sur-le-champ, conformément à la sentence prononcée antérieurement : « tu mourras » après avoir péché, créer ensuite un nouveau couple parfait, et lui confier la mission de peupler la terre de descendants, justes comme eux. Cette propagation se serait effectuée sans délai ni interruption. Toutefois cet ordre divin sera exécuté sous la surveillance d'un Seigneur juste et invisible, aidé d'une organisation spirituelle céleste. Le premier protecteur de l'homme fut destitué à cause de sa félonie, mais Dieu ne l'extermina pas aussitôt après son crime, et lui laissa le pouvoir occulte qu'il possédait sur les habitants de ce monde. S'il laissa subsister Adam et Eve, ce n'était pas pour qu'ils remplissent quand même leur mission, car étant devenus pécheurs, ils étaient désormais incapables de réaliser le dessein divin consistant à peupler la terre d'une race parfaite, ils avaient, par leur désobéissance, perdu ce privilège. Jéhovah les laissa survivre au verdict de mort, pendant quelque temps, pour que l'intégrité de leur descendance soit soumise à une ardente épreuve, et que finalement son saint nom pût être publié par toute la terre et justifié. Après avoir établi un tribunal en Eden et jugé d'abord le serpent, Dieu dit à la femme, qui la première avait transgressé sa loi : « Je rendrai très-grandes tes souffrances et ta grossesse ; en travail tu enfanteras des enfants, et ton désir sera [tourné] vers ton mari ; et lui dominera sur toi. » - Genèse 3 : 16, Darby. Il ne s'agissait pas là d'une autorisation à s'acquitter du mandat divin, pas plus que d'une répétition de cet ordre. Cela ne voulait pas dire non plus que son accomplissement serait pénible et accéléré. Le Tout-Puissant prévoyant la calamité mondiale qui surviendrait ne pouvait, par les paroles ci-dessus, laisser entendre à la femme qu'il fallait se hâter d'inonder la terre d'humains, sachant qu'elle serait dépeuplée par un cataclysme sans précédent. Il lui fit plutôt comprendre que ce mandat avait été retiré au premier couple déchu, en faveur d'autres humains à venir qui, ceux-là, seraient obéissants, et que ces créatures plus méritantes exécuteraient ledit mandat sans chagrin. Le grand Juge dit à Adam : « Parce que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'ai commandé, disant : Tu n'en mangeras pas, - maudit est le sol à cause de toi ; tu en mangeras (tu en tireras ta nourriture, Segond) [en travaillant] péniblement tous les jours de ta vie. Et il te fera germer des épines et des ronces, et tu mangeras l'herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes au sol, car c'est de lui que tu as été pris ; car tu es poussière et tu retourneras à la poussière. » (Genèse 3 : 17-19, Darby) Par ce jugement, l'unique dispensateur de la vie annulait le droit d'Adam à la vie éternelle et aussi son droit de vivre dans· le paradis, duquel il allait sortir pour errer dans une triste solitude en friche. De quelle manière le sol environnant le jardin d'Eden fut-il maudit ? Depuis l'apparition de l'homme, il n'avait jamais plu ; mais une vapeur s'élevait de la terre et arrosait toute la surface du sol. (Genèse 2 : 5, 6) Le jardin que Dieu avait planté s'accommodait de cet arrosage, et sa végétation était florissante ; en revanche, les champs extérieurs étaient plutôt aptes à produire des ronces et des épines. « Lorsqu'une terre est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, et qu'elle produit une herbe utile à ceux pour qui elle est cultivée, elle participe à la bénédiction de Dieu ; mais, si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée et près d'être maudite, et on finit par y mettre le feu. » (Hébreux 6 : 7, 8) Etant donné la déloyauté d'Adam, Dieu n'étendit pas sa bénédiction à toute la terre, en la délivrant des orties, ajoncs, ronces et autres plantes épineuses, car l'homme réprouvé devait lutter avec ce sol ingrat. En conséquence, le transgresseur ne mangeait plus des fruits du paradis, qu'il cessa de garder et d'en tretenir pour son agrément, comme autrefois, mais il dut défricher la terre aride située hors du jardin, où croissent d'innombrables plantes sauvages, et se nourrir de l'herbe des champs obtenue péniblement, en cultivant le sol maudit, à la sueur de son front. Il ne travaillerait plus désormais pour son Créateur, le Dieu véridique, qu'il avait abandonné en faveur du vicieux serpent, le père de la religion. Il n'obtiendra pas la vie éternelle pour prix de ses efforts. Ses jours sont comptés, et leur nombre est insignifiant, comparé à la félicité éternelle qu'il aurait goûtée dans le paradis terrestre. Le résultat de ses rudes travaux et chagrins amers, sera son retour à l'informe état de poussière, sous la terre, à la surface de laquelle il aura tant peiné en vain. « Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre. » (I Corinthiens 15 : 47) Pour cette raison, ayant péché et gaspillé sa vie, il devait retourner à la terre ; car Dieu a dit : « Tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. » Aucune promesse de vivre au ciel n'a été faite à Adam, même s'il était resté obéissant. Ainsi, Adam et sa femme ont été éprouvés individuellement, mais ils succombèrent dans l'épreuve et furent condamnés à mort. Il ne pouvait donc leur arriver autre chose que l'extinction, l'anéantissement sans rémission, car le jugement prononcé contre eux par Dieu étant conforme à sa justice est irrévocable. Jéhovah est infaillible, il ne peut y avoir en lui aucune ombre de variation, il ne peut se renier, ni se contredire, ni se repentir. (1 Samuel 15 : 29) Adam et Eve n'avaient pas encore d'enfants lorsqu'ils furent condamnés, aucun de leurs descendants n'eut donc part à leur épreuve et à leur condamnation, de sorte que la situation de leurs descendants à venir serait nécessairement différente de celle de leurs parents, ils pouvaient par conséquent bénéficier d'une rédemption. Les préliminaires de l'exécution de la sentence de mort prononcée contre Adam et sa femme devaient alors commencer. Si les condamnés étaient autorisés à rester en Eden avec le serpent, la possibilité subsistait pour ce dernier de les conduire vers « l'arbre de vie planté au milieu du jardin ». Mais l'Eternel dit : « Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger, et de vivre éternellement. Et l'Eternel Dieu le chassa du jardin d'Eden, pour qu'il cultivât la terre, d'où il avait été pris. » (Genèse 3 : 22, 23) Le Tout-Puissant affirmait ainsi sa suprématie sur le diable en l'empêchant de créer des complications qui sembleraient le mettre dans l'obligation de laisser vivre toujours des humains réfractaires à sa loi. Le Dieu juste et droit ne pouvait se mettre dans cette situation anormale, jamais on ne trouvera ni discordance, ni contradiction dans ses œuvres parfaites. Ceci prouve qu'il ne laissera pas le péché et le diable exister indéfiniment. « Il chassa l'homme, et plaça à l'orient du jardin d'Eden les chérubins et la lame de l'épée qui tournait çà et là, pour garder le chemin de l'arbre de vie. » (Genèse 3 : 24, Darby) Lucifer, qui avait été pendant un certain temps le « chérubin oint qui couvrait » (ou mieux : protégeait), avait par sa traîtrise perdue toute confiance, on ne pouvait attendre de sa part que de nouvelles perfidies. Aussi Jéhovah, qui est assis entre les chérubins, plaça-t-il un certain nombre de ces derniers· comme gardes à l'entrée du jardin avec mission d'agiter, dans tous les sens, une épée flamboyante. C'est ainsi qu'Adam et Eve firent connaissance avec ces prestigieux habitants des cieux, magnifiques serviteurs et ambassadeurs du Très-Haut. La seule vue de ces impressionnants gardiens suffisait à prévenir toute velléité d'infraction nouvelle. Du reste, personne n'eût pu passer et prendre des fruits de vie, malgré Dieu et son jugement. Ces chérubins ont obstinément barré le passage à Adam, le maintenant en exil, jusqu'à sa mort, sur la terre maudite entourant l'Eden. « Tous les jours qu'Adam vécut été de neuf cent trente ans, puis il mourut. » (Genèse 5 : 5) Notons que le premier homme ne dépassa pas mille ans, et que pour le Seigneur « 'un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour ». (Il Pierre 3 : 8) En ce cas, Adam trépassant avant d'avoir vécu un millénaire, mourut le jour même où il pécha. D'autre part, considérons que ce fut pendant un jour de vingt-quatre heures, au cours duquel Adam mangea du fruit offert par sa femme, que le Grand Juge le condamna à mort ; dès cet instant son droit à la vie était perdu. Pour Dieu, ce jour même, quoiqu’encore en Eden, l'homme devint mourant, ce qui veut dire, virtuellement mort, le virus de la mort habitait son organisme. Bien des siècles s'écoulèrent avant l'exécution totale de la sentence du Juge Suprême. Sa parole n'en fut pas moins finalement réalisée, à la lettre, pour Adam à qui il avait dit : « Au jour où tu en mangeras, tu mourras », et à quoi le serpent répliqua : « Vous ne mourrez nullement. » Satan ne réussit pas à justifier ce criminel mensonge, d'inspiration religieuse, aux yeux de ses victimes. Dans cette affaire furent affirmées la majesté, l'immuabilité et la suprématie de la loi divine, tandis que la religion ne donna à Adam et à Eve ni sagesse, ni connaissance, ni piété, ni l'immortalité. |


